Humour et Musique

« Rire est le propre de l’homme » écrivait Rabelais, auteur emblématique de la Renaissance. L’histoire de la médecine l’a démontré, rire est un témoignage de bonne santé. Mais le rire distingue également l’homme du monde animal. Le rire a-t-il sa traduction musicale ? Dans la culture occidentale, humour et musique ont toujours fait bon ménage. Les chansons de la Renaissance sont constellées de reflets ludiques. L’opéra baroque s’empare de situations burlesques dans lesquelles rire et moquerie occupent le devant de la scène. Certains passages des œuvres de Lully-Molière regorgent d’humour, ingrédients principaux des futurs opéras bouffes, autrement dit comiques. Dans ce laboratoire baroque, l’imitation de cris d’animaux - exprimée par des onomatopées - occupe également les compositeurs de musique instrumentale. Durant l’ère classique, Haydn n’hésite pas à amuser son public avec le quatuor à cordes La plaisanterie ou la symphonie des Adieux. Mozart, dans sa Plaisanterie musicale ne cesse lui aussi de provoquer son auditoire par des caricatures musicales faites de « fausses notes » parodiant le langage des compositeurs incompétents de son temps. Les Scherzos des Symphonies et Quatuors constituent également des témoignages indélébiles de ce besoin incessant d’amuser et faire sourire. L’âge romantique glose aussi l’humour et l’ironie. Ici et là se dissimulent par exemple des éléments inspirés de la commedia dell’arte dans les œuvres du violoniste Nicolò Paganini. Quant à Gioacchino Rossini, il n’hésite pas à ridiculiser certains traits de caractère de ses personnages d’opéra notamment dans le Duo des chats. Enfin, le début du 20e siècle recèle de compositeurs maniant avec brio un humour provocateur dont les œuvres d’Eric Satie (tels ses Morceaux en forme de poire) constituent un paradigme.
L’humour devient ainsi un élément de dialectique indispensable, une trame permettant de tisser un dialogue entre comique et sérieux. La distance d’observation offre une mise en scène des idées donnant naissance à de nombreux scénarios musicaux :
a) traiter un sujet noble de façon burlesque
b) écrire des fausses notes
c) adopter une intonation approximative
d) intégrer des couacs et bruitages
e) imiter des gestes et des postures musicales ridicules
f) gérer le tempo de façon abrupte et discontinue
g) distordre et citer des thèmes connus
h) parodier et pasticher les compositeurs

Comment exprimer musicalement l’humour, le rire, la plaisanterie, le caractère comique ? Quel type de procédés musico-comiques emploient les compositeurs ? Quel type d’instruments ou effectif instrumental sont employés ? Quelles différences d’expression du comique existent-ils entre les œuvres vocales et celles purement instrumentales ? Quel type de variation ou déclinaison d’humour peut-on observer d’une culture à l’autre ? Peut-on codifier ce langage musical, déceler des figures de rhétorique propres à la traduction de l’humour ? Peut-on parler de cliché ou de typologie ?

Ce sont là autant de thèmes, parmi d’autres, qui pourront faire l’objet d’un travail.

Résumé

Ce cours analyse le répertoire musical occidental alliant humour, comique et sérieux. Il débouche sur la rédaction d'un travail en groupe (ou individuel) sur un sujet lié à cette thématique.